Plantes

Avant de remplir le coffre à la foire aux plantes, ce qu’il faut vérifier sur chaque pied acheté

Le chariot déborde, le figuier vous fait de l’œil, et vous avez déjà casé trois vivaces sous le bras. Stop. C’est précisément à cet instant qu’on ramène à la maison une plante fatiguée, trop grande pour l’emplacement ou habitée par des pucerons. Dix secondes de contrôle par pied suffisent souvent à éviter ça.

L’occasion tombe bien, car la vente automnale de la Jardinerie des Fermes de Gally, à Saint-Cyr-l’École (Yvelines), vient de s’achever. Elle s’est tenue les 17 et 18 octobre, de 9h30 à 19h, avec près de 5 000 végétaux proposés. Si vous l’avez ratée, ou si vous préparez une prochaine foire aux plantes ou une bourse entre jardiniers, voici la méthode à garder en tête.

Ce que propose une vente d’automne, et pourquoi on y va en octobre

Dans cette vente, les végétaux étaient présentés sur des chariots, au cœur de la jardinerie. On y trouvait des arbres fruitiers (framboisiers, groseilliers, figuiers, pommiers, kiwis), des plantes à massifs, des bisannuelles, des vivaces, ainsi que des arbres et arbustes de pépinière. Des jardiniers étaient présents pour conseiller ceux qui hésitaient entre deux variétés.

Pourquoi acheter à cette saison ? Parce que l’automne offre des températures plus douces et un sol encore tiède. Les racines peuvent s’installer avant l’hiver, et la plante repart au printemps avec plusieurs mois d’avance. Cet avantage disparaît si vous plantez un pied déjà affaibli, d’où l’intérêt de bien choisir.

Ce qu’il faut vérifier sur chaque pied avant de le prendre

Commencez par l’état sanitaire, de haut en bas. Regardez les feuilles : des taches foliaires, un jaunissement général, des bords secs ou des feuilles qui s’enroulent sont des signaux à ne pas ignorer. Retournez-en quelques-unes. C’est dessous que se cachent les pucerons, les cochenilles et leurs petites traces collantes.

Passez ensuite aux tiges. Elles doivent être fermes, sans fissure ni zone noircie ou creusée, et les bourgeons doivent être bien formés. Sur un arbre fruitier, repérez aussi le point de greffe : il doit être propre et bien soudé, sans écorce qui se décolle.

Reste le plus parlant, ce qui se passe dans le pot. Soulevez-le : une plante légère dans un substrat sec a manqué d’eau, une plante très lourde et détrempée risque la pourriture. Regardez les trous de drainage. Quelques racines blanches qui pointent, c’est bon signe. Un paquet de racines qui s’échappe de partout, ou un pied qui sort tout seul du pot, trahit une plante restée trop longtemps à l’étroit.

Si le vendeur vous y autorise, dégagez un peu la motte. Les racines saines sont claires et fermes, sans odeur de moisi, et la motte tient ensemble. Méfiez-vous des racines brunes et molles, ou enroulées en spirale serrée. Contrôlez enfin le collet, cette zone à la jonction entre tiges et racines : il doit être sain, et pas enfoui sous une épaisse couche de terre.

Le réflexe devant le chariot : soulever, retourner, regarder dessous

Trois gestes, et vous avez déjà écarté la moitié des mauvais candidats : soulever le pot pour juger du poids, retourner une feuille pour chercher les ravageurs, jeter un œil aux trous de drainage. Une mousse verte épaisse ou beaucoup de mauvaises herbes dans le pot indiquent aussi une plante qui attend là depuis longtemps.

Lire l’étiquette et vérifier que la plante correspond à l’emplacement

Main gantee tenant une etiquette blanche pres dun pot

Le coup de cœur est le pire ennemi du jardinier. Avant de poser un pied dans le coffre, imaginez-le à sa future place. Sur l’étiquette, cherchez le nom botanique (le nom courant peut désigner plusieurs plantes différentes), la rusticité, l’exposition souhaitée, la hauteur et la largeur adultes, et le type de sol apprécié.

Un pommier ou un figuier n’a pas les mêmes besoins qu’une vivace de massif, et le kiwi demande une attention particulière : tous les pieds ne fructifient pas seuls, donc vérifiez s’il vous faut un partenaire. Même logique pour une rusticité trop juste : si votre hiver est plus rude que ce que supporte la plante, mieux vaut passer votre tour.

Une foire aux plantes avec vente au stand fournit en général des étiquettes lisibles. Une bourse aux plantes entre particuliers, c’est autre chose : on échange des boutures et des divisions, souvent sans étiquette. C’est là que se glissent le plus facilement des plantes envahissantes, ces vigoureuses qui colonisent tout en trois saisons. Demandez le nom exact, l’origine, et refusez poliment ce que personne ne sait identifier.

Le trajet du retour et la mise en terre rapide

Une fois les achats faits, protégez-les. Calez les pots debout dans le coffre, serrés les uns contre les autres, avec des cartons ou des cagettes. Évitez de laisser le coffre fermé au soleil pendant que vous continuez la visite, même en octobre. Un arbuste feuillu sur un toit de voiture prend le vent de plein fouet, alors emballez ses branches sans les écraser.

Arrivé à la maison, ne laissez pas les pots traîner. L’avantage de la plantation automnale vient justement de la douceur du sol, alors mettez vos arbres et vivaces en terre dans les jours qui suivent, et lisez aussi nos conseils pour la plantation d’un érable du Japon. Arrosez copieusement le pot avant de planter si la motte est sèche, puis arrosez abondamment après la plantation pour que la terre se tasse autour des racines. Pour ce qui reste en pot, un rempotage dans un contenant plus grand peut s’imposer si les racines tournent déjà.

Si le temps ne permet pas de planter tout de suite, gardez les pots à l’abri du vent et du gel, et surveillez l’arrosage.

Questions à poser sur place et période d’observation à la maison

Jardiniers choisissent plants en pots sur table en bois

Les jardiniers présents sur ce genre de vente sont là pour ça. Profitez-en, quitte à faire patienter la file derrière vous. Quelques questions utiles :

  • Quelle taille atteindra ce pied dans cinq ans ?
  • Faut-il un deuxième pied pour obtenir des fruits ?
  • Quand tailler, et comment ?
  • Quelle exposition et quel sol préfère-t-il ?

Une fois chez vous, jouez la prudence avec la quarantaine. Gardez les nouveaux arrivants quelques jours à l’écart des autres plantes, surtout celles de la terrasse ou de la maison. Si des pucerons ou des taches apparaissent, vous traiterez un seul pied et pas tout le jardin.

Gardez un œil sur les feuilles pendant les premières semaines. Quelques feuilles qui jaunissent après un déménagement n’ont rien d’alarmant, mais un jaunissement qui s’étend ou des tiges qui noircissent demandent d’agir. Une vente à petits prix reste une bonne affaire seulement si le pied, lui, est en bonne santé.

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Redaca

Jean-Marc, rédacteur passionné par le jardinage, cultive son amour des mots autant que celui de la terre. À travers des articles floraux, il sème des idées fertiles, dévoilant les secrets botaniques avec une plume vivante. Sa passion éclot dans chaque ligne, invitant les lecteurs à explorer le monde enchanté du jardin.

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